Rainboway à Nantes : les nominés 2017

Rainboway NantesEn partenariat avec MyNewStartUp et Ouest Angels, se déroulait à Nantes le 14 juin dernier la remise des prix de la première édition du Rainboway. En début d’année 2017, les startup qui souhaitaient concourir devaient déposer leur dossier auprès de MyNewStartup. Sur la centaine de participants, une trentaine a été pré-sélectionnée avant de passer au stade suivant : celui de l’analyse par les auditeurs de MyNewStartUp.

Les 3 nominés et gagnants sont :…

Embody Medical : cette startup née il y a près de 2 ans a créé une marque et des modèles lingerie post opératoire. Alors que le marché est détenu par un acteur quasi incontournable, Stéphanie Romanet, la dirigeante de Embody, a fait le constat du manque d’esthétisme et de confort des produits concurrents. Les modèles qu’elle a conçus avec une styliste de renom et la technicité qu’elle a mis dans ses produits ont convaincu le jury.

Team Officine : accueillie dans le cluster de la Factory Care d’Harmonie Mutuelle, l’entreprise dirigée par Muriel Darniche est spécialisée dans le recrutement des préparateurs et pharmaciens d’officine. Vous ne le saviez peut-être pas, mais une pharmacie ne peut pas ouvrir ses portes si elle n’a pas en son sein au moins un pharmacien diplômé. Il faut donc pouvoir anticiper ou gérer les absences pour congés, maladie, congrès… Mais l’autre aspect reste la pénurie de diplômés pour les préparateurs et autres spécialistes de la nutrition, de la parapharmacie… Et c’est là qu’intervient Team Officine : ils apportent aux pharmaciens la solution dans la gestion de leurs ressources humaines.

Atmotrack : connaissez-vous la concentration de particules contenues dans l’air que vous respirez à Toulouse, Nantes ou Paris… Non ? Et bien eux, connaissent précisément la concentration de ces particules microscopiques et autres gaz toxiques pour la santé. Grace à leurs capteurs (développés en interne et en France) et grâce à leur outils de collecte de l’information, cette jeune start up nantaise peut cartographier les zones polluées et aider les collectivités à gérer les pics de pollution ou les solutions environnementales à mettre en place. Atmotrack a été la start up préférée du jury. Ils remportent le 1er prix et outre la levée de fonds qui se présente bien vont bénéficier de 2 journées de conseils et coaching… histoire que la success story soit encore plus belle.

Félicitations à ces 3 start-up et rendez-vous en 2018 pour le Rainboway#2

L’innovation collaborative avec des start-up

Innovation collaborativeLes interventions récentes des Banques centrales mondiales ont apporté un peu d’oxygène à l’économie mondiale, épuisée par la crise de 2008. Que se passerait-il si l’intervention de la Banque centrale perdait de son efficacité, et comment peut-on construire et atteindre une croissance économique durable sur le plus long terme ?
Les idées avancées lors du Forum économique mondial de Davos (Suisse), en janvier dernier, suggèrent que l’innovation collaborative – définie comme un partenariat stratégique entre une jeune entreprise, du type start-up, et une entreprise établie, telle une multinationale – pourrait fournir un cadre idéal pour ce challenge. L’innovation collaborative offre l’opportunité de créer de nouvelles idées, produits ou services, qui conduisent à la création de nouveaux marchés et de nouveaux emplois. Ce qui est essentiel pour redynamiser une économie.

L’innovation collaborative permet de compenser les faiblesses de chacun

L’innovation collaborative associe les forces de deux entreprises qui se situent à des stades différents de développement, afin de mettre au point et de commercialiser de nouveaux produits et services. Idéalement, l’innovation collaborative permet de favoriser une croissance économique à long terme et une compétitivité régionale. Elle permet aussi de compenser les faiblesses des deux entreprises. Pour la plus jeune, l’intérêt consiste à surmonter l’un des principaux obstacles des entrepreneurs : grandir. Générer du rendement et de la croissance représente souvent un défi pour une nouvelle entreprise, qui ne dispose pas forcément d’un capital ou d’une expérience suffisants. Grâce à cette coopération, les start-ups ont accès à davantage de ressources, capitaux et marchés, ainsi qu’à l’expérience des entreprises établies en matière de développement produit.
Les multinationales ne sont-elles pas en reste ?. Cette coopération fait souffler un esprit entrepreneurial et créatif qui complète et renforce leur savoir-faire managérial, l’assise de leur marque et leur réputation avec la possibilité, à terme, de développer leurs marchés existants ou d’en créer de nouveaux.

L’objectif de l’innovation collaborative ? Viser les MER

L’idéal, pour chaque partie, est de se concentrer notamment sur les marchés à expansion rapide (MER), qui bénéficient d’une croissance à deux chiffres et représentent de nouvelles opportunités. Ils apparaissent, en général, de manière spontanée, échappant aux analyses macroéconomiques. C’est pourquoi d’ailleurs beaucoup d’entreprises à la recherche de nouvelles sources de bénéfices pour stimuler leur rentabilité passent à côté. Savoir identifier un MER peut permettre à une entreprise d’opérer un tournant stratégique, de diversifier sa gamme de produits et de services, et ainsi de développer un nouvel avantage concurrentiel. Or, de précédentes recherches ont démontré que les MER sont souvent le résultat d’un environnement collaboratif. L’innovation collaborative peut donc être un excellent terreau d’opportunités économiques, qui peuvent à leur tour conduire à la création de nouveaux MER.
Au regard de ces données, les entreprises désireuses de se lancer dans l’innovation collaborative doivent procéder par étapes :

  1. Réaliser une étude de cas de chaque partenaire. Un exemple de partenariat réussi est celui mené entre DiaSorin, une entreprise italienne avec un quasi-monopole sur le marché des tests de vitamine D, et Trivitron, une start-up en stade avancé basée à Chennai, en Inde, et spécialisée dans les diagnostics et les appareils médicaux. Les deux entreprises ont formé, en 2012, une joint-venture afin de profiter de la croissance du marché des diagnostics in vitro en Inde. Les atouts de cette collaboration sont évidents : Trivitron a une présence locale sur le marché indien mais n’a pas la capacité d’accroître ses offres ; DiaSorin a les moyens de se développer mais manque de connaissances en ce qui concerne la culture, les lois et les réglementations indiennes. Grâce à cette joint-venture, les deux entreprises ont réussi à répondre à la demande du marché tout en renforçant leurs positions respectives. Mais cela implique de passer du temps à identifier les bons partenaires potentiels, ayant des connaissances complémentaires aux vôtres.
  2. Créer des structures de partenariat flexibles. Il faut, dès le début, avoir une vision claire des objectifs de la collaboration, avant même de définir de quelle manière les deux entreprises vont travailler ensemble. L’arrangement peut être formel ou informel, avec des structures allant du simple partage de connaissances à une acquisition complète. Comme l’ont fait l’école de commerce IE de Madrid et le Financial Times à Londres, qui ont créé une nouvelle structure de partenariat baptisée « Corporate Learning Alliance ». Cette alliance est construite sur un modèle de start-up aux ressources partagées : chaque partie aide à définir de nouveaux produits et services, puis à développer de nouveaux modèles économiques hybrides qui évoluent au fur et à mesure que ces solutions prennent forme. La capacité à « customiser » des modèles pour chaque solution est le résultat direct de structures commerciales flexibles qui étendent les frontières de l’entreprise des deux côtés.
  3. S’assurer que les accords de propriété intellectuelle soient mutuellement avantageux. Les jeunes entreprises perdront confiance dans le partenariat et deviendront réticentes à collaborer à long terme si l’entreprise établie voit les propriétés intellectuelles comme un bien sans prendre en compte les besoins et les intérêts de la starT-up. Un bon exemple en la matière est le film d’animation Toy Story, qui a résulté d’un accord mutuellement avantageux entre Disney et la dynamique entreprise de cinéma Pixar. Tandis que l’accord de propriété intellectuelle est resté entre les mains de Pixar (la plus petite et créative des deux entités), Disney a utilisé son vaste réseau de distribution pour avoir un impact mondial et produire l’un des films les plus lucratifs de ces dernières années.
  4. Préparer les salariés à cette nouvelle collaboration. L’entreprise établie doit faire attention à ne pas succomber à la tentation d’intégrer l’entreprise plus modeste. Il est si facile, lorsque l’on a une taille supérieure, d’oublier qu’il s’agit d’un partenariat d’égal à égal. Les deux entreprises devront plutôt instaurer un climat de confiance mutuelle et apprendre à collaborer ensemble. Cela implique un maximum de transparence, notamment de la part de l’entreprise établie, qui devra partager, par exemple, les informations dont elle dispose sur l’environnement compétitif.

Les évolutions technologiques comme la rapidité de communication qui est aujourd’hui la nôtre ont modifié de façon permanente le rythme auquel les marchés évoluent. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les entreprises ne peuvent pas identifier à l’avance un MER. La solution donc ? Tabler sur l’innovation collaborative car elle peut véritablement fournir un cadre pour une croissance économique durable et mondiale.

Mark Esposito
Enseignant à la Harvard University Extension School, professeur à Grenoble Ecole de Management en France et à l’Université de Cambridge-CPSL au Royaume-Uni. Extrait de la HBR

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